Avec la permission du Nanaimo District Museum
Les canoës et les pagaies permettaient aux Snuneymuxw de survivre, comme le dit Bill Seward, ancien : « l’eau était notre route ». En effet, ils allaient à la pêche, à la chasse et aux récoltes dans la région de Nanaimo et sur le Fraser. Ils établissaient des liens d’amitié et de commerce le long de la côte avec des peuples comme les Cowichan au sud, ainsi qu’un réseau de relations interfamiliales et d’invités aux potlatchs. Ils utilisaient des embarcations rapides pour surveiller leur territoire et prévenir de l’arrivée des pilleurs et partaient à l’aventure – le père de Bill Seward s’est ainsi rendu en canoë jusqu’en Californie. Un temps, on comptait entre 50 et 60 canoës tirés sur la rive d’un village snuneymuxw. Ces canoës, acquis par troc avec les peuples du nord et de la côte ouest de l’île de Vancouver qui avaient accès aux granèdres, pouvaient aussi être un butin de guerre.
Les eaux de l’océan Pacifique et les rivières du territoire snuneymuxw exigent du savoir et de l’expérience. Les Snuneymuxw disent que les eaux salées et douces sont séparées mais liées et peuvent se combiner. Ils parlent à ces eaux et leur confient les projets de voyage. Un canoë creusé ne coule pas mais peut se fendre s’il est exposé à la lumière directe ou se remplir de l’eau des vagues. On utilise l’écorce et la poix, provenant aussi du cèdre, pour les réparations et un des pagayeurs utilise un contenant en cèdre pour écoper le trop plein d’eau.
Il faut respecter l’énergie. Si un membre de la famille vient de décéder, le canoë sera enveloppé dans des nattes et laissé à la maison pour éviter d’ « alourdir » les autres pagayeurs. Le soir, certains pagayeurs ne sortent pas sans l’équipage au complet car les « gens qui sont partis avant » pourraient sortir de leur domaine et prendre la place vide. Autrefois, les compétiteurs dormaient près de leur embarcation pour éviter qu’elle soit touchée par quelqu’un d’autre que l’équipage.
L’érable grandifolié s’appelle « l’arbre à pagaies » en hul’q’umin’um car son bois massif donne des pagaies solides qui fendent les flots de leurs pales taillées en pointe. Les jeunes Snuneymuxw passent le temps en apprenant à tailler de petites pagaies comme symbole de leur force et la chemise du pagayeur, vêtement décoré de pagaies miniatures en érable qui bougent pendant une danse ou un mouvement, se porte pour symboliser ce lien entre le peuple et sa vie sur l’eau. Les familles se lèguent encore la tradition de la fabrication des canoës et des pagaies, comme le prouvent Mark Point avec ses canoës et son fils avec ses pagaies.








