Photos de Mark Kiemele pour le Conseil tribal Naut’sa mawt
Récemment, grâce à l’appui de Bill Yoachim, édile du conseil municipal de Nanaimo, un nouvel enclos de la crosse a été monté sur la réserve snuneymuxw à côté de la grande maison. C’était la première enceinte bâtie pour la communauté depuis bien des années. Le bureau administratif des Snuneymuxw, construit en l’an 2000, se trouve sur l’emplacement de l’ancien enclos.
L’aréna civique, c’était la place pour la crosse organisée à Nanaimo au siècle dernier et jusqu’à sa fermeture en 2006. Une grande maison avait déjà existé pas loin et les ancêtres des Snuneymuxw avaient probablement choisi cet excellent emplacement pour établir la grande maison et le petit village de part sa proximité à la rivière Millstone, bien connue pour regorger de saumons coho. Peut-être que les esprits de ce temps-là ont continué à vivre sur les gradins de l’aréna pendant que les athlètes snuneymuxw jouaient avec et contre quelques-uns des meilleurs joueurs de la crosse nord-américains.
Lorsque les ligues et les équipes professionnelles sont allées à Victoria en 1939, de jeunes athlètes snuneymuxw ont rejoint les rangs des meilleurs joueurs et équipes du pays. Dans les années 1950, la crosse est devenue extrêmement populaire sur l’île de Vancouver. Les équipes senior A masculines les Shamrocks de Victoria, les Cowboys de Duncan et les Timbermen (d’abord les Native Sons) de Nanaimo se sont livré une chaude lutte qui a attiré d’énormes foules et la loyauté des groupes de supporters. Leurs grands rivaux, les North Shore Indians, venaient de la côte nord sur la partie continentale de la province.
Robert White se souvient:
« Se retrouver au vestiaire avec les membres de la communauté snuneymuxw ajoutait vraiment à l’atmosphère, donnait le sens de la famille et donnait du coeur et du charme à notre équipe et vous savez, nous donnait le sens de la camaraderie au vestiaire. (Robert White, entrevue par Garnet White)
Une histoire de bâtons
Au centre du Canada et des États-Unis, d’où provient la crosse, le noyer blanc était l’arbre de prédilection pour fabriquer les bâtons mais sur l’île de Vancouver, pour fabriquer ses bâtons, il fallait utiliser un bois dur comme l’érable grandifolié.
Sur la côte ouest dans les années 1960, après qu’un incendie a détruit l’usine qui produisait la plupart des bâtons de la crosse en Amérique du Nord, si vous ne pouviez pas faire vos propres bâtons, vous étiez fichus parce qu’il n’y en avait pas. Le peu qu’on trouvait était envoyé aux joueurs de talent, c’est-à-dire à l’époque, les joueurs de l’équipe senior A.
À ce moment-là, Earl Stevens, de Nanaimo, a commence à fabriquer des bâtons en fibre de verre avec l’aide des Snuneymuxw. Ancien joueur de la crosse et entraîneur de l’équipe senior B des Timbermen, il a produit trois modèles différents:
un modèle Tykes
le « Steven’s special »
et le « Thunderbird Special »
Le Thunderbird Special s’appelait ainsi à cause de l’ancien chef snuneymuxw Doug White Senior. Stevens a embauché des femmes de la communauté pour couper le cuir et lacer les bouts des bâtons de la crosse, bâtons qui étaient approuvés par l’association de la crosse de la Colombie-Britannique. À la longue, son commerce ne pouvait concurrencer les grandes compagnies de bâtons synthétiques qui ont apparu dans les années 1970.
De nombreux joueurs croyaient que la qualité des bâtons synthétiques n’égalerait jamais l’art des entrepreneurs autochtones qui opéraient sur le marché auparavant mais en peu de temps, le bâton synthétique a permis d’accéder plus facilement au jeu. Tout le monde avait un bâton et pouvait jouer.








