Photo avec la permission de la Première nation Snuneymuxw
On affûtait les racloirs, ou pierres à tailler, avec de l’eau ou de la salive puis on frottait les outils sur la pierre abrasive jusqu’à ce qu’ils soient tranchants. Si les outils dépassaient la taille du racloir, on frottait le racloir dessus. Les racloirs s’utilisaient pour donner leur forme aux outils, par exemple, la pointe biseautée à deux côtés des couteaux de pêche en ardoise ou des lames d’herminette. Ils pouvaient aussi aiguiser la fine pointe des aiguilles ou servir de papier de verre pour lisser le bois. Différentes textures de racloirs s’utilisaient pour différents travaux.
Ces outils essentiels et polyvalents se retrouvent très souvent dans les sites archéologiques de la côte ouest de la Colombie-Britannique. Le racloir snuneymuxw de cette collection a été trouvé dans un site estimé à 2000 ans et c’est intéressant de voir qu’il a été taillé pour ressembler à un poisson. Peut-être le tailleur qui a trouvé un morceau de grès en forme de poisson s’est souvenu de l’histoire suivante :
« Il était une fois à Nanaimo un homme qui rêva qu’il attraperait quelque chose de phénoménal. Pas très longtemps après, alors qu’il pêchait, quelque chose a tiré sur la ligne et l’a entraînée par le fond. Quand il l’a ramenée à la surface, il a trouvé au bout une pierre en forme de poisson. Il a rapporté cette pierre chez lui et cette nuit-là, il a rêvé qu’elle lui parlait et lui disait d’attraper tout le poisson qu’il voulait et que, s’il n’avait pas de chance, il lui suffirait de frotter son hameçon avec le poisson en pierre. Pendant des années, il a gardé cette pierre enveloppée et cachée dans une boîte. Il devint riche et quand il fut vieux, il rêva de nouveau que le poisson en pierre lui demandait de peindre la pierre d’une certaine façon et de la remettre dans l’eau où il l’avait trouvée. Ce qu’il fit et lorsqu’il la relâcha, la pierre ‘agit comme l’éclair’. Ce conte illustre la croyance selon laquelle un pouvoir surnaturel habite un objet matériel. »
(Conte recueilli par Homer G. Barnett. Publié en 1955.)








