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Le processus

La restitution des objets par les musées aux Premières Nations est une discussion émotionnelle, même si tous les participants partagent les mêmes buts. Cela peut donner lieu à beaucoup de confusion car bien des événements historiques jouent un rôle dans l’interprétation des collections. Les demandes faites par les Premières Nations et les décisions qu’elles prennent sont quelquefois liées à des questions de territoires ou d’histoires familiales. Les précédents et les processus diffèrent d’un pays à l’autre, ce qui signifie que quelqu’un qui lit à propos de restitution se passant en Australie ou aux Etats-Unis ne comprendra pas forcément comment cela se passe au Canada.

Au Canada, le Musée royal de la C.-B. participe au processus de négociation des traités officiel ou reste en dehors. Tout dépend de ce que les Nations veulent faire et si elles ont décidé d’inclure des objets culturels dans les ententes de traités ou si elles préfèrent négocier la restitution des collections du musée séparément. Tout comme le Musée canadien de la civilisation, le Musé royal négocie par le biais des négociateurs des traités du gouvernement (fédéral pour le Musée de la civilisation et provincial pour le Musée royal). Même s’il n’est pas considéré comme un précédent, l’Accord final Nisga’a a servi de base à d’autres traités en ce qui concerne les questions de culture et d’héritage. Pour les Snuneymuxw, c’est un défi d’utiliser cet accord comme base vu la rareté et la nature de leurs collections.

Les musées responsables font connaître leur politique en matière de restitution et font savoir au public ce qu’ils ont dans leurs collections. L’Internet rend cette information encore accessible.

Une des grandes questions n’est pas que ces objets doivent être restitués mais plutôt lesquels doivent être correctement inclus dans chacune des ententes avec les Nations. A cause des mariages inter Nations, qui donnaient des privilèges et des objets, deux communautés ou plus peuvent s’intéresser à un seul article. Les ethnographes du 19e et du début du 20e siècle écrivaient la langue parlée dan la région où ils collectaient quelque chose mais pas la zone géographique exacte. Cela montre que les systèmes d’organisation des données changent avec le temps et signifie qu’il y aura des incertitudes à propos des origines dans certains cas. L’étiquette hul’q’umin’um peut vouloir dire que quelque chose vient de Nanaimo, le bas du fleuve Fraser ou la région de Cowichan. Au lieu d’établir ces distinctions eux-mêmes, directeurs du Musée royal demande que les Nations trouvent des solutions aux questions de partage ou de conflit.

Les musées canadiens restituent d’eux-mêmes les restes humains et cette politique a débuté bien avant les lignes directrices fournies par l’Association des musées canadiens en 1999. La loi canadienne n’interdit ni ne légifère la restitution d’ « objets » mais il existe une politique du gouvernement fédéral. En Colombie-Britannique, au niveau provincial, la Loi sur la protection des sites archéologiques et historiques de 1960 et la plus récemment les Lois sur la conservation du patrimoine de 1977 et 1996 servent à empêcher la profanation, les dommages et le déménagement non autorisé du patrimoine culturel. Ce qui s’applique aux sites archéologiques et autres des Premières Nations. Cette loi ne protège pas les sites snuneymuxw autant que cette communauté le souhaiterait et ne traite pas de la restitution d’objets par les musées. Toutefois, des musées comme le musée royal conservent sous tutelle pour les nations des restes humains ancestraux et restituent ces restes et tout matériel funéraire associé à la demande des Nations. En 2001 et 2002, Le Musée royal a restitué tous les restes ancestraux snuneymuxw lors d’une grande cérémonie émotionnelle pour cette communauté.

Les Etats-Unis ont une politique nationale légale, la Loi sur la protection des tombes autochtones américaines et la restitution (NAGPRA) de 1990, qui dépend du ministère de l’Intérieur américain et dans certaines régions, du Service national des parcs. Cette loi demande aux musées d’inventorier leurs collections, de déterminer l’origine des objets et de notifier les tribus et les héritiers sur la possibilité de restitution. Ce long processus bureaucratique auquel participe le gouvernement fédéral a ralenti les demandes de restitution et souvent n’a pas permis aux tribus de prendre des décisions. Le NAGPRA comprend des clauses pour les demandes de l’étranger comme celles du Canada mais c’est souvent encore plus problématique que les demandes américaines. Récemment, le peuple cowichan, voisins des Snuneymuxw, a réussi à rapatrier un masque d’un musée new-yorkais. Les Snuneymuxw espèrent eux aussi rapatrier des masques sacrés de musées américains.