English

Je m’appelle Kwulasulwut, ce qui signifie plusieurs étoiles. Mon père s’appelait « … » et il venait d’une petite île au large de l’île Cooper. Mes grands-parents venaient de l’île Cooper. C’est « … », ma grand-mère. Sa mère venait de Capilano et elle a eu deux enfants, « … » et « … » de l’île Saltspring et ils avaient un frère Tommy. Tommy « … », ils l’appelaient « … ». Quand ils disent Capilano, ce nom vient de « … ». Des noms comme ça, quand ils ne pouvaient pas dire les mots autochtones. Ils sont toujours reliés aux racines. D’où vous venez, il y a toujours quelqu’un avec un nom semblable. Pourquoi est-ce comme ça? Et ils ont dit que c’est parce que tu venais de cette région. Sa mère venait donc de là quand elle a apporté le masque « … » à l’île Cooper avec son mari. Grand-père était toujours un homme qui travaillait avec les autres personnes. Il était comme un gouverneur. S’il y avait un problème ou s’il se passait quelque chose, on l’appelait, le Grand-père. Nous nous entraînions beaucoup. Seulement mon frère et ma sœur sont allés à l’école de l’île Cooper. Grand-père Tommy avait seulement droit d’envoyer quatre enfants de la famille, parce que ce n’étaient pas ses enfants. Donc, mon frère Russ, ma sœur Eva et deux autres cousins sont allés à l’école de l’île Cooper. J’étais donc là, avec plusieurs autres enfants, à côté de mon frère, car mon père n’était pas bien, et il m’a montré à chasser avec lui et à faire beaucoup d’autres choses. Grand-père a commencé à me montrer à faire d’autres choses comme d’être oratrice de la maison longue. Grand-mère était une sage-femme qui a accouché des centaines de bébés. L’autre jour, nous parlions de quand on nous avait demandé si nous étions quatorze à nous entraîner à devenir sages-femmes et guérisseuses et maintenant, nous ne sommes plus que deux, ma cousine Ernie, qui demeure à Malahat, et moi. Je l’appelle encore quand j’ai des problèmes, pour savoir quoi faire, pour savoir quoi dire dans une réunion. Comme quand nous étions avec les étudiants en sciences humaines et en droit de l’Université de Victoria et de la Colombie-Britannique, j’ai dû l’appeler. Avons-nous le droit de faire ce que nous faisions, de les amener à l’eau et d’inviter l’eau à prendre soin de ces personnes. Et elle a dit : « Avec quoi leur bourrent-ils le crâne? » Et j’ai dit : « De droit ». Et elle a dit : « Ils sont qualifiés ».

Vous savez, si on vous demande « Que leur enseigne-t-on? Avec quoi leur bourrent-ils le crâne? » que c’était exactement la façon dont les vieux le disaient. Donc, nous étions formées pour être sages-femmes, guérisseuses, pour communiquer avec les morts, l’eau et les choses semblables. Tout ça, puis, je pense que cela veut dire « D’où venons-nous? Comment sommes-nous formés? » Quand grand-mère a dit : « L’école ne veut pas de vous », nous étions quatre jeunes et elle a dit : « Vous irez donc à mon école ». Oui, et nous avons donc commencé notre formation à sa façon. J’avais déjà onze ans quand j’ai rencontré des enfants de l’île Green. Le gouvernement a su que nous n’allions pas à l’école, il nous a trouvés et il a envoyé un enseignant. Nous sommes allés à l’école dans une petite maison flottante. Nous savions déjà notre mathématique, notre histoire et plein d’autres choses comme l’alphabet parce que mon frère et ma sœur nous apportaient des travaux. Je me souviens d’être assise dehors quand sœur Mary « … » enseignait aux élèves autochtones et nous étions assis dans l’escalier de secours, car nous avions la permission. Elle nous avait dit que la fenêtre était ouverte et nous étions là à copier et le prêtre l’a su. Je me souviens d’avoir eu des bleus aux chevilles après qu’il a commencé à nous frapper en nous disant de nous en aller.

En tout cas, nous savons comment jouer, comment jouer au soccer et au baseball, comment chasser, construire des maisons, pêcher et ce genre de choses. Nous avons joué au baseball avec certaines personnes de Chemainus et j’étais lanceur. Puis, quelqu’un a dit : « Va à Nanaimo, on y joue à la crosse. Tous les Indiens jouent à la crosse ». Nous sommes donc a&ag&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agrave&agraveàave;lés à Nanaimo. Nous avons vraiment aimé la crosse et c’est là que j’ai rencontré mon mari. Je devais avoir quatorze ans. À seize ou dix-sept ans, je suis allée à Nanaimo pour travailler et nous nous sommes mariés quand j’avais presque vingt ans. Nous avons été mariés pendant plus de soixante ans, soixante-trois ans, et mon mari est mort l’année passée. Cette photo, c’était notre soixantième anniversaire. Celui qui est à droite est son grand-père, le chef Paul White de Nanaimo. Il a été chef pendant plus de soixante ans. Son père venait du nord. Il ressemblait à son grand-père.

[Intervieweur] : Vous avez donc retenu les services d’une danseuse du ventre pour l’anniversaire?

Oui. C’était une amie de ma fille. Il y avait un restaurant où elles allaient toujours pour leur danse du ventre et mon mari aimait vraiment cela. C’est beau. Donc, je suis restée à Nanaimo pendant plusieurs années. J’ai même travaillé pour la ville. C’est pourquoi cet homme me félicitait et il m’a rappelé toutes les choses que je faisais pour la ville. Mon mari et moi faisions des barbecues pendant plusieurs années pour le club des Lions afin amasser de l’argent pour les jeunes. Il était aussi membre d’une organisation dont j’oublie le nom, une organisation de Nanaimo et je travaillais encore pour notre village. Il y avait deux d’entre nous qui faisions partie d’un conseil local pour les femmes qui travaillaient. Je faisais partie d’un conseil provincial et national et du conseil de sécurité de la Colombie-Britannique parce que j’étais Indienne et qu’ils ne pouvaient pas se rapprocher des Indiens, des pêcheurs et des villages. C’est là qu’on m’a utilisée. Beaucoup de personnes m’ont causé des problèmes. On me demandait pourquoi je faisais des choses d’une telle manière. On me disait que j’étais devenue une Blanche, ce genre de choses. Cela continue encore si on travaille des deux côtés. J’ai travaillé, probablement parce que je n’ai pas eu ce genre d’éducation. J’ai seulement étudié et étudié.

Princess Royal, tout près de la plage, tout cela s’appelait Bohonk Road. Que signifie Bohonk pour vous, les filles?

[Intervieweur] : Ce sont des propos racistes.

Oui, oui. Les Yougoslaves et les Italiens, et tous les autres, sont devenus amis des Indiens. Ils se déplaçaient sur la rue suivante, la rue Irvin. Un des enfants est mort en traversant. La rue Haliburton était le seul chemin de Campbell River à Victoria. On pouvait voir tous les camionneurs et les bûcherons qui passaient, sans lumière. Un des enfants a été heurté par un des camions. L’école était là-bas. Notre petite école était en bas ici. Nous avons donc dit : « Nous avons besoin d’une école où les enfants indiens et les autres enfants peuvent aller ». Nous avons donc érigé un barrage routier. C’était le début des barrages que nous avons faits. Toutes les femmes yougoslaves étaient de grosses femmes. Toutes les grosses femmes ont barré la route et par la suite, des feux de circulation ont été installés sur la rue Haliburton. Puis, les Yougoslaves ont donné une partie de leur terre pour cette école, l’école Princess Royal, qui est maintenant un service de santé.

Mes enfants, dont Carol, qui vient juste de partir, étaient parmi les premiers élèves indiens à aller là-bas et j’ai fait partie de cette école. J’ai travaillé très longtemps pour cette école à raconter des histoires, à préparer les repas et à tisser. Je faisais partie de cette organisation. Plusieurs d’entre eux en faisaient partie, je crois. Que vouliez-vous demander?

[Intervieweurs] : Nous voulions savoir le rôle des histoires et des conteurs d’histoire dans la communauté. Vous pourriez peut-être nous parler un peu de l’importance des histoires dans l’éducation.

Quand nous avons commencé, certaines personnes n’aimaient pas ce que nous faisions, que nous contions des histoires. Les histoires étaient toujours un protocole, quelque chose qui formait l’enfant. Plusieurs des histoires que nous racontions, dont celle qui ne portait aucune attention à la nationalité, disaient que nous étions tous des êtres humains comme les autres personnes. Il y avait beaucoup de personnes, même des élèves orientaux, qui sont venus en premier. Nous faisions les langues d’une drôle de manière. Nous l’écrivions avec des lettres, d’accord? L’importance des histoires était de former l’enfant avant même sa naissance. J’avais un papier que j’utilisais à l’école : les cinq similarités et les cinq voyages de nos vies. Que sont-ils? Avant votre naissance et les soins prénataux pour la mère. À la naissance de l’enfant, vous êtes séparés. Cela s’appelle la séparation, la dissociation, l’enlèvement de ce que c’était il y a neuf mois, l’imagination de la guérison pour le prochain pour qu’il soit sain, pour s’y joindre dans l’espace. Les rites de puberté suivent, pour les déconnecter de cet espace pour le joindre à celui-là. L’autre était par le mariage pour le déconnecter d’un espace pour le joindre à un autre. Aussi inclus là-dedans était le moment où les cinq autres faisaient leur apparition avec la danse indienne. Parce que le mot apparaît encore, là encore, séparation « … ». On le déconnecte de celui-là et on bénit la route sur laquelle il se trouvera. Donc, pourquoi la séparation et la dissociation sont-elles si semblables? Bien, je vais en finir avec cela en premier. Le dernier est la mort. Le mariage était l’union de deux montagnes dans une petite rivière, des petits ruisseaux qui s’unissent pour former une rivière. Tous les animaux, les saumons et tout ce qui se trouvait dans la rivière deviennent des témoins de cette union pour former un tout. Ils partent donc de là quand ils formaient un tout et ils sont deux qui s’unissent pour amener les autres à les suivre. De plus, j’ai célébré plusieurs mariages comme mes grands-parents le faisaient et nous le faisons donc et c’est la bénédiction de deux grandes cérémonies.

Bien entendu, le dernier est la mort. Pourquoi devons-nous donc séparer celui-là? La mort vient de la séparation d’ici, séparée de la vie et jointe aux ancêtres qui viennent et réclament celui-là. Je dirais donc : « Posez n’importe quelle question ». Certains élèves diraient : « Pourquoi cela était-il si important? » Nous ne marchons pas simplement de la façon dont nous marchons. Tous les êtres humains et tous les animaux ont ces énergies qui entourent nos corps. D’accord? Les aînés appellent cela « … », le souffle du corps. C’est ce que nous avons étudié à Victoria, à l’université. Qu’est-ce que le souffle du corps? Pourquoi est-ce si important? S’il y a une énergie du corps, l’homme blanc l’appelle une aura. De plus, je voulais toujours savoir, parce que je suis guérisseuse, et que je sens la recherche de fantômes. Je sens les gens qui peuvent sentir le grand-père et la grand-mère en chemin. Même senteur, pourquoi est-ce là? Pourquoi les personnes âgées sont-elles si importantes? Les résultats ont été prouvés par l’ADN. C’est la même chose. C’est la raison pour laquelle nous avons été formées. C’est pourquoi nous devons prendre soin de nos corps, pour que ce « … », l’eau du périmètre. L’enseignement était très sacré et quand nous mourons, ils vont de l’autre côté. Si vous ne le sépariez pas, ils porteraient cet arôme et ils iraient directement de l’autre côté. Vont-ils être brûlés ou enterrés, à pourrir là comme ça? Et s’il t’entraîne là-dedans comme ça? C’est pour cela que c’était important du tout début, à partir de la petite graine qui se trouvait là-dedans, de demander à grand-mère lorsqu’elle accouchait des enfants de toutes les nationalités à quoi ils ressemblaient à la naissance. Nous avions cette drôle d’idée quand nous étions petits, dix ou onze ans, et elle a dit : « Ils entrent là de la même façon et ils sortent de la même façon ». Je me souviens encore d’elle quand elle disait ça. Et elle disait toujours : « Ne l’oubliez pas ». C’était donc quelque chose de très particulier pour eux de former et d’enseigner aux enfants de s’aimer les uns les autres. Aime-toi en premier. On m’a toujours dit : « Si tu ne t’aimes pas, tu n’apprendras pas à aimer les autres. Si tu ne te respectes pas, tu ne respecteras pas les autres ». Si tu ne respectes pas l’eau, les différentes sortes d’eau comme l’eau douce, l’eau salée, l’eau salée furieuse et les lacs dans lesquels nous ne nous baignons pas sans avoir eu une formation pendant dix ans, parce qu’ils sont forts, ils sont dormants, nous allons donc vers l’eau courante et non dans l’eau impure que vous transportez. Nous en enseignons certains aux jeunes par le travail, comme quand ils font des pagaies, ces petites pagaies là-haut. Les gens disent : « Vous n’irez nulle part sans ces choses. Votre canot, votre pagaie, parce que les premières choses dont on se préoccupait étaient leurs canots et leurs pagaies. Ils prenaient soin de leurs canots comme s’ils étaient leurs enfants. Une vieille femme a dit qu’ils prenaient soin des canots, qu’ils les couvraient avant un orage, qu’ils prenaient soin des pagaies et qu’ils prenaient mieux soin de leurs chiens que certains enfants. Ce n’était pas vrai, mais elle le disait comme cela. Nous lui avons demandé pourquoi quand nous étions un peu plus âgés et elle a dit : « On donne naissance aux enfants et on s’assure de bien les élever et de bien les former. Non seulement formé pour savoir comment vivre et survivre, mais comment travailler, comment se connecter les uns aux autres et comment apprécier les animaux.

Nous utilisions tellement de mots pour nous connecter aux éléments. Lors d’une conversation, un des étudiants a dit : « Tante Ellen, vous dites que vous ne pouvez nous dire ces mots ». Non, on ne peut pas vous dire ces mots avant d’avoir suivi une formation pendant cinq ou dix ans. Puis les mots viendront pour vous connecter aux morts, ou les énergies de l’eau, ou l’autre. « Et si vous utilisiez ce mot, parce que grand-père utilisait le mot « … ». Vous pourriez vous causer des problèmes ou aux autres. Vos mauvaises pensées, la mauvaise énergie ou peut-être les représailles d’énergie d’une autre source. Puis, on peut le croire. Nous ne sommes pas seuls ici et nous le savons tous. Il y a de l’énergie là-haut. Dans certaines histoires, on sait qu’on monte très haut et qu’on atteint le monde des morts. Nous demandons donc toujours : « Quand vous dites le monde des morts, est-ce que les morts partent? » Non, il n’y a pas d’air là-haut. Ils le savaient déjà. Nous étions déjà là lors du premier vol sur la lune. Lorsqu’ils se sont envolés pour la lune, on disait qu’ils iraient vers le monde des morts, sans air, et qu’il y avait seulement l’espace et qu’ils se rapprochaient, qu’ils y iraient, qu’ils trembleraient et qu’ils se décomposeraient. S’ils emballaient des ornements ou autres choses, ils tomberaient et ils se retrouveraient dans ce monde des morts et qu’ils flotteraient. Seulement ceux qui avaient suivi une formation étaient envoyés là-bas. Pas tout le corps, bien entendu, seulement l’âme allait là-haut.

Le livre que je viens d’écrire parle beaucoup de cela. C’est la raison pour laquelle nous avons dit que ce n’était pas pour les enfants. Mes arrière-petits-fils, un de douze ans et l’autre de neuf ans, ont dit qu’ils ne le monteraient pas aux autres enfants. Ils m’appellent toujours Big Mama. Ils ont dit : « Big Mama, nous ne lirons pas ». Puis, j’ai dit : « Qu’arrivera-t-il si les autres enfants le lisent et pensent aux entrejambes, aux différences et aux choses semblables. » Parce que l’histoire parle beaucoup du manque de connaissance sur la sexualité et comment protéger le corps. J’avais le mariage de la mouette et du corbeau comme exemple et ils demandaient toujours « Pourquoi avez-vous utilisé des animaux pour ces histoires? » Parce que les animaux et les oiseaux sont toujours très forts. Ils ont dit : « Utilisez-nous, parce que si vous nous utilisez, nous ne prenons pas les méchants mots – Woosh, c’est parti ». Les personnes recueillent les méchants mots. Si vous dites quelque chose qui blesse quelqu’un, ou qui en parle de façon péjorative, cela serait comme une grosse tache sur eux et puis ça s’envenime. Oui, ça s’envenime tellement. Savez-vous comment avaler des mots péjoratifs qui peuvent blesser quelqu’un? Personne ne sait comment avaler. Les gens âgés n’aimaient jamais les méchants mots et ils pensaient « Non, je ne crois pas », mais quand vous les entendez, vous faites [souffle coupé]. C’est vraiment quelque chose.

[Intervieweurs] : Quand avez-vous décidé d’écrire les histoires?

Grand-mère disait toujours « Je suis en train de lire ce livre ». Chris Arnett, de la Nouvelle-Zéalande, prend toutes les histoires des archives de Victoria et les écrit pour les compiler. Il voulait que je les lise pour voir si je me souvenais de certaines histoires. Mon dieu! Je les ai lues et je me suis dit : « Ça doit être grand-mère qui nous racontait ça, je pensais que c’était quelqu’un d’autre ». Certaines histoires sont un peu différentes. Je me demande si c’est parce que Beryll Cryer ne comprenait pas ce que grand-mère disait parce que parfois elle ne parlait pas anglais très bien. Ils disaient toujours : « Ne laissez pas mourir les histoires. Même si vous devenez tous comme les Blancs, si vous apprenez, si vous allez à l’école, si vous vivez dans des maisons et que vos enfants vont à l’école, vous devez penser à vos racines. Où sont vos racines? Si vos racines meurent, vous mourez ». J’en parlais à un homme qui va avoir 90 ans en mars et il m’a invitée. « … » Henry, et il a dit « Tu parlais – il m’appelle Tante Ellen aussi, même s’il est plus vieux – et il a dit : tu parlais des racines et j’en parlais à Meryl, non, j’oublie son nom, Donna, sa femme, et demande-lui si elle se souvient des racines. D’où tu viens, il y a des racines, n’oublie jamais cela. Si tu continues de trouver les racines, grâce à ce que tu apprends et à ce que tu conserves de ce que tu as appris, tu remplis des petites poches dans ton corps. N’oublie pas de le transmettre. Cette racine ne mourra pas. Elle poussera partout et d’autres petites racines pousseront à côté. »

On utilisait toujours des métaphores pour montrer ce que cela aurait l’air, comment on le ferait et à qui on le ferait. Quelqu’un m’a dit un jour : « Mes enfants, mes enfants, vous n’avez pas besoin de leur dire quelque chose ». Je lui ai rappelé que grand-mère disait toujours que si tu vois quelqu’un faire quelque chose de mal, tu devrais dire quelque chose. Ne dis pas : « Qu’est-ce que tu fais là? » Tu l’appelles et tu lui montres ce qu’il peut faire pour corriger quelque chose qu’il pensait incorrect.

[Intervieweurs] : Comment est-ce que raconter des histoires et enseigner aux enfants diffère-t-il de raconter des histoires et d’enseigner aux adultes?

Les histoires d’enfant dans le premier livre sont très calmes et très belles. Puis, quand nous les réécrivons pour les adultes, on commence à approfondir le sujet. La sexualité entre en scène, les différences du corps, les choses comme ça. Il y en a beaucoup. Nous les utilisons encore de nos jours dans les collèges parce plusieurs étudiants sont des étudiants adultes de partout. Nous n’acceptons pas seulement les étudiants autochtones, parce que c’est ce que nous voulons. Nous acceptons tout le monde. Nous avons eu des Kényians, des Japonais et des étudiants de partout. Certains d’entre eux ont dit qu’ils s’étaient inscrits en anthropologie et le professeur ou quelqu’un a dit : « Pourquoi ne vous inscrivez-vous pas en Études des Premières Nations/Indiens pendant un an ou deux? » C’est à cause de la façon dont nous enseignons. Nous parlons de l’histoire et de la culture autochtone et non pas de religion, mais la connexion est primordiale. L’importance des terres et d’où elles viennent et comment nous sommes aboutis dans une réserve. Où est notre domicile? Pourquoi dit-on que ce qui est de Departure Bay jusqu’au mont Benson et les îles sont à nous, les Nanaimo? Parce que c’était seulement des quartiers. Lorsque les personnes sont arrivées, les Blancs sont arrivés et ils ont dit : « Il n’y a pas de maisons ici, donc cela ne vous appartient pas ». Mais ce qu’il y a là-dedans est ce dont nous avons besoin pour les médicaments, pour leurs plantes. Parce qu’on mangeait les racines des plantes, les guérisseurs venaient ici. Quelqu’un m’a demandé : « Pourquoi gardez-vous tous ces contenants dehors? » C’est le seul moyen pour garder les plantes en vie. Si on les place dans des petits sacs, elles s’évaporeront. Les propriétés médicinales s’envoleront, donc nous les gardons ici. Nous fabriquons encore des médicaments pour plusieurs maladies.

[Intervieweurs] : Avez-vous transmis la tradition de sage-femme à une jeune génération?

Oui, nous l’avons fait. Nous le faisons, mais nous disons toujours que s’il y a des problèmes, si elles voient un problème quelconque, elles devraient aller chez le médecin. J’ai parlé à des classes, des grosses classes. La semaine prochaine, j’enseignerai le soin des bébés et des enfants au collège. Parce que j’y vais tous les ans, d’autres étudiants s’inscrivent. Les étudiants seront des travailleuses sociales ou des infirmières et elles veulent faire cela avant d’aller en sciences infirmières. Elles veulent apprendre à propos des sages-femmes. Certaines d’entre elles étaient des infirmières et il y avait même un jeune infirmier. Je crois que tout ce que j’ai dit était du genre : Es-tu certain? Es-tu sûr? J’ai eu tellement de plaisir avec lui, parce que je suis une sorte de grand-parent. Il disait que c’était plus facile quand j’allégeais la matière. Si on évite de répondre, cela complique les choses. Il m’a donc questionné à propos de l’âme. Quatre semaines et on ne sent rien. Six semaines et on commence à ressentir un lien parce que nous sommes formées pour nous connecter avec ce qu’il y a à l’intérieur. Et il a continué. Il a dit que chaque sperme aurait une âme. Je n’ai pu m’empêcher de rire. J’ai dit « D’accord, combien y a-t-il de spermes dans une éjaculation? » Il a dit : « Je ne sais pas ». J’ai dit : « Tu n’as rien lu à propos de cela? Tu devrais pour avoir une idée de ce que tu dis. Je ne suis pas certaine, mais je pense qu’il y a plus d’une centaine ou d’un millier de spermes qui sortent de là. » Imaginez si le créateur avait donné une âme à chacun d’entre eux. Il serait à court d’âmes. Il y a seulement un sperme qui se rend jusqu’au bout. Je croyais qu’il était très en colère et il a dit que je riais de lui. Je lui ai dit : « Je dis seulement ça pour que ce soit facile de se parler ». Nous allons devoir en finir là et on l’a fait. Il a dit qu’il était pour étudier combien de spermes il y avait dans une éjaculation. Je lui ai dit qu’il doit y avoir des milliers et des millions de personnes qui éjaculent en même temps. Les femmes étaient mortes de rire. En tout cas, nous étions formées pour faciliter la conversation. Nous étions formées pour avoir de la facilité à le dire et de le dire d’une bonne façon parce que c’est seulement humain. C’est humain et c’est bien de parler de tout ce qui est humain.

[Intervieweurs] : Je me demandais si vous étiez encore Ancienne en résidence à Malaspina.

Oui, je le suis. Mon rôle est de me rendre là les mardis, les mercredis et les jeudis. Je quitte la maison à huit heures. La classe commence à 8 h 30. Il y a toujours environ cinquante étudiants. Nous commençons avec un tambour. Je porte mon tambour et je dis une prière et je donne un cours sur la santé. Nous parlons beaucoup de la santé et de la façon de se soutenir, de se frapper le visage pour nous donner de l’énergie si on ne se sent pas bien, ce qui aide beaucoup. Et les Japonais, est-ce que ce sont les Japonais ou les Chinois qui disent qu’on bâtit son système immunitaire? Les personnes âgées disent qu’on apporte de l’énergie. N’est-ce pas la même chose? On réveille donc l’énergie qui dormait. Nous parlons de médicaments et de ce qu’ils feront. Puis, les professeurs prennent la relève dans les projets qu’ils ont. Plusieurs fois, ce sera à propos des nations, comment elles en sont venues là, pourquoi elles sont comme ça et pourquoi venir au nord. Nous étudions les peuples du nord. J’ai voyagé pendant environ dix ans et c’est le gouvernement provincial qui m’a aidé à faire cela du Mexique à l’Oklahoma jusqu’à l’Arctique. Je me suis fracturé la cheville dans les îles du Pacifique. Parce qu’il y avait tellement de similarités dans les enseignements et dans les façons de croire. Comment et où l’avons-nous appris au début? Qui l’a dit? Les similarités étaient tellement incroyables. C’était tantôt spirituel, tantôt culturel, comme les masques. À quoi servent les masques? Comment les noms de l’ancien temps ont-ils abouti dans les nouvelles générations? Les façons spirituelles utilisées pour nettoyer les jeunes et les noms avant de les déposer sur cette personne. D’où cela vient-il et comment le faisait-on? Nous étions deux aînées et je travaillais principalement dans « … » parce que c’est le début de leur travail. Nous utilisons beaucoup de travail avec le système radiculaire. D’où provient-il? Comment s’est-il rendu là? Comment les autres personnes ont-elles obtenu leur place et comment vivaient-elles? Avaient-elles des aspects spirituels ou d’autres choses? Nous avons étudié le nord, leurs masques, leurs totems et tout ça. Nous n’avons pas parlé des batailles et des guerres. Nous ne touchons pas à cela même si c’est mentionné de temps en temps, mais nous disons qu’il vaut mieux ne pas aborder ce sujet. Est-ce que cela répond à votre question?

[Intervieweurs] : C’était surtout un rôle d’enseignant.

Oui, un rôle d’enseignant. Je vais ailleurs. Je serai invité ailleurs, comme en sciences infirmières, en anthropologie, en religion. On me demandera de donner un cours sur ces sujets. Je donnerai un cours sur les raisons pour lesquelles nous avons des danses autochtones et de différences et sur plusieurs autres choses.

[Intervieweurs] : C’est beaucoup de travail.

Oui, c’est à cause de mon travail. On s’est toujours demandé pourquoi j’étais une aînée dans ma communauté et dans d’autres communautés. Nous travaillons toujours. Je travaille toujours pour la ville de Nanaimo. La justice à Nanaimo est une division de la santé mentale. Nous avons notre justice ici, « … ». D’une façon, nous surveillons ce qui se passe.

[Intervieweurs] : Est-ce que votre enseignement change lorsque vous l’utilisez dans des langues autres que le Hal’q’umin’um? Change-t-il quand vous enseignez en anglais?

Il change beaucoup. Il y a plusieurs choses qui sont différentes. Il faut parfois utiliser des mots qui ne sont pas dans le dialecte des Premières nations. Quelque chose pour le rendre plus compréhensible en anglais, mais autant que possible, nous essayons de ne pas faire de changements. Nous avons toujours des problèmes avec les rédacteurs. C’est la raison pour laquelle j’ai utilisé mon dernier livre Xeel’s the creator. Ma fille Vicki a fait la majorité de la rédaction.

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