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[Intervieweur :] Vous disiez que seulement 10 % du matériel d’une culture était laissé dans un site archéologique.

[Owens :] En termes d’objets que les personnes utilisaient quotidiennement, probablement 95 % ou plus de ces objets étaient faits de bois ou d’autres matières périssables comme les herbes, les roseaux et l’écorce. Ces objets ne se conservent pas bien dans les données archéologiques. Nos sols sont très acides et les bactéries qui vivent dans les sols mangent ces artefacts. En tant qu’archéologue, je regarde seulement 5 % des objets que les gens utilisaient quotidiennement et ces objets sont majoritairement faits de pierre, de bois et de ramure.

Dans un site archéologique qui a beaucoup de coquillages, un débris de coquillages, les coquillages sont acides et aident à stabiliser le pH du sol, ce qui protège davantage qu’un site qui ne contient pas de coquillages. Même là, le bois, l’écorce et les herbes ne se conserveront pas. Il y a du matériel humide. Ce sont des gisements culturels qui sont anaérobiques. Les bactéries ne peuvent pas survivre dans l’humidité du gisement. Cela permet la conservation du bois, de l’écorce et des roseaux qui autrement ne seraient pas présents dans les données archéologiques.

Les sites humides sont particulièrement importants pour un archéologue parce qu’ils lui permettent de voir ce genre d’artefacts et d’objets. Nous parlons ici d’outils utilisés pour la préparation des aliments et pour sculpter des poteaux de maison, des canots, des paniers, des boîtes, des manches pour les flèches, des lances, et ainsi de suite. Les sites humides sont donc particulièrement importants. En fait, dans la région de Nanaimo, il n’y a aucun site humide enregistré à ce jour. Notre compréhension des données archéologiques se limite donc réellement à ces 5 % de ce matériel artefactuel.

Nous pouvons également travailler avec des aménagements et la stratigraphie. Les aménagements sont des produits qui ne se déplacent pas. Donc, si je creuse un trou dans le sol et que je le remplis, le sol dans le trou rempli sera différent de celui qui l’entoure. Par contre, si je le déterre complètement, il ne me reste plus rien, seulement un tas de sable. Quant à un artefact, si on déterre quelque chose, on peut le prendre et c’est encore un artefact. Nous regardons non seulement les artefacts, mais également les épaisseurs du sol, la stratigraphie. Nous cherchons également des aménagements, comme les trous de poteau. On creuse un trou et on met un poteau dedans et puis on le remplit et on voit toujours l’ombre du trou. Nous essayons de voir la relation entre ces aménagements et les artefacts comme les coquillages et les os d’animaux chassés, soit pour la viande ou la matière première.

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